Parc d’activité des Portes de Bretagne 2 à Servon-sur-Vilaine

Ci-dessous l’intervention portée par notre groupe et le groupe de la minorité de Servon-sur-Vilaine lors du conseil communautaire du 19 novembre 2020. La délibération a été adoptée à 31 votes POUR et 1 CONTRE (le notre). Retrouvez la délibération et le compte rendu des débats à ce lien.

M. Le Président, Chèr.e.s collègues,

Si je partage un certain nombre d’objectifs justifiant l’aménagement de cette zone, je suis persuadé que la création de cette zone n’est pas nécessaire pour y répondre, bien au contraire.

Si je suis d’accord avec les objectifs de maintenir la dynamique économique du territoire, de créer et diversifier l’emploi, de répondre aux besoins des entreprises existantes… et même accueillir de nouvelles entreprises : avons nous vraiment besoin de détruire 30 ha de terres agricoles et les emplois qui vont avec ?

L’avis de la chambre d’agriculture lors la révision du PLU de Servon-sur-Vilaine demandait à ce que nous définissions les besoins et était très réservée sur la création de cette zone. Je constate qu’aujourd’hui nous ne savons toujours pas à quels besoins cette zone est supposée répondre. Est-ce pour continuer à accueillir de logistique ou des industrielles de l’agroalimentaire ? Ou plutôt des entreprises de l’économie sociale et solidaire ? Ou simplement répondre à la demande ? Et si demain Amazon frappe à la porte du Pays de Châteaugiron Communauté pour y installer une nouvelle base logistique, y serez vous favorable ?

L’enjeu de la diminution de l’artificialisation des sols est un enjeu qui fait maintenant consensus. Avant-hier encore, c’est la cour des comptes qui nous rappelait l’urgence de mettre en place une véritable politique foncière agricole. Cette décision va à l’encontre de cet objectif.

Il y a également un contexte plus général que nous ne pouvons pas ignorer.

La création de cette zone est en effet de mon point de vue une réponse du siècle dernier aux enjeux du développement économique. C’est la réponse d’un monde où la croissance semblait ne jamais pouvoir s’arrêter… Ces 20 dernières années cependant nous avons pris conscience que nous vivions dans un monde où les ressources sont finies. Un monde dont la capacité à absorber les émissions liées à notre activité est finie. Un monde dont la température augmente et dont les conséquences de ce réchauffement vont être dramatiques pour une grande partie de la population mondiale. Tout cela nous le savons et nous avons même un plan auquel la plus part d’entre vous avez participé à l’élaboration : le plan climat air énergie territoriale, PCAET, un plan pour tenter de contenir le réchauffement climatique à l’échelle de notre territoire.

Alors comment voulez vous que nous atteignons les objectifs de notre PCAET si nous développons un tel projet qui inéluctablement va alourdir notre empreinte écologique ? Ce projet est tout simplement incompatible avec notre PCAET. Pire, ce projet nous prive aussi de moyens financiers car c’est un projet coûteux, un projet qui sera déficitaire. Permettez moi également de noter la décision historique du conseil d’état rendu aujourd’hui suite au recours du maire de Grande Synthe et député européen Damien Carème… le conseil d’état donne 3 mois à l’état pour prouver qu’il respecte ses engagements climatique. Nous aurons également à rendre des comptes car les engagements de l’état ne seront atteints que si les collectivités locales respectent elles aussi leurs engagements.

Enfin, je reste persuadé que nous devons et pouvons apporter une autre réponse aux objectifs de développement économique. C’est notamment la requalification et de la densification de nos zones existantes. C’est certes bien plus compliqué que l’extension sur des terres agricoles mais cela devrait être notre priorité aujourd’hui. Il ne nous reste que quelques années pour changer de cap et essayer de contenir les effets du dérèglement climatique. C’est les actions à mettre en œuvre pour ce changement de cap qui devrait occuper nos esprits ce soir, pas un n-ième projet de création de zone d’activité dont on ne sait même pas à quels besoins il va répondre.

Et soyons clair : mon propos n’est pas d’opposer écologie et économie. La transition écologique a besoin des entreprises et beaucoup d’entreprises aujourd’hui prennent en compte les enjeux écologiques. Si de nouvelles entreprises en lien avec la transition écologique vont voir le jour demain, nous savons aussi que d’autres entreprises, celle de l’économie « carbonée », vont disparaître… nous devons aussi anticiper ces mutations.

Pour toutes ces raisons, cher.e.s collègues qui pour beaucoup avez porté la question de la transition écologique lors des municipales, je vous demande de voter contre cette délibération ou à minima de vous abstenir. Je vous remercie de votre écoute.

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